LE CAPITALISME N'A PLUS BESOIN DU COUPLE
Je poursuis ma lecture des essais et lettres de George Orwell, qui achève de me persuader qu'il était le plus excellent des hommes du 20e siècle, ayant perçu dans toutes ses subtilités les conséquences potentielles et raffinements du système capitaliste-technologique actuel.
George rechaussant son fils adoptif, cigarette à la bouche
En effet, Orwell me semblait avoir tout perçu dans 1984 : la baisse terrible du niveau de vie, l'alcool frelaté et les produits alimentaires trafiqués, le cinéma de masse débilitant sans saveur et en 3D, les télécrans; et surtout police terrible de la pensée qui réprime violemment toute pensée "hétérodoxe". Mais l'approche hédoniste d'Huxley me paraissait plus pertinente pour décrire la société actuelle, notamment sur l'usage des drogues et la surabondance de l'offre sexuelle dans la vie d'un individu.
La description austère des rapports hommes femmes, devenus dans 1984 simples cohabitation à but économique sans sexe ni affection, colocation dont le seul objectif est l'entretien d'enfants qui ne leur appartient plus; me semblait peu fidèle jusqu'à ce que je vis cet excellent documentaire sur la "misère affective et sexuelle des japonais".
Pour des raisons culturelles (peuple de guerriers et de samouraï émasculés par le capitalisme contraints à devenir un pays de geeks à lunettes concepteurs de jeux vidéos), les japonais ont pris une avance considérable sur la décomposition des rapports hommes-femmes. Voilà des mâles japonais qui ont la flemme d'aller quérir la femelle, fatigués par avance d'avoir à les faire jouir. Habitués au tout tout de suite, au moindre effort et au porno sur mesure, fantasmes les plus sadiques et pervers à la clé, les voilà incapables de saillir une vraie femelle. La poupée est préférée à la femme : elle offre bien moins de résistance et de menaces pour l'égo, et ne demande qu'un menu investissement à l'achat. Le témoignage le plus glaçant est celui du garçon de 25 ans à la fin, nommé "herbivore" parce qu'il refuse la consommation sexuelle, et la limite à de rares épisodes de masturbations. Il rationalise tout à fait son refus du couple : trop cher, inutile dans un contexte où chacun s'assume financièrement, et pourquoi faire des enfants sur une terre surpeuplée. De plus il souligne que souvent la femme n'est qu'une affaire d'ego comme peut l'être la conduite d'une belle voiture hors de prix. Exactement le genre de rationalisations creuses et cyniques que j'ai pu faire par le passé, dans des périodes d'immaturité ! Plus tard il avoue se livrer à des séances de Karaoké tout seul : seul il peut chanter autant qu'il veut, la chanson qu'il veut, sans être jugé...
Il semble que la fréquentation d'autrui devienne si problématique pour la génération de sociopathes individualistes qu'engendre le libéral-capitalisme, que le modèle de l'individu de demain est un homme seul, dont la vie sociale se résume à la fréquentations de divers écrans (du smartphone à l'ordinateur à la tablette tactile). Sa sociabilité se résume à l'accumulation d'objets informatiques. Nous geeks, on avait vu avec l'avènement de Facebook et Twitter, des gens tout à fait normaux se geekiser et rallonger leur temps de veille sur écran. Encore une fois les geeks sont précurseurs dans leur vie sexuelle et affective : porno à outrance, masturbateurs, fantasmes pervers irréalisés, prostituées, et divers supports informatiques, voilà la vie affective de l'homme de demain. Le capitalisme est fatigué de la famille, lieu où l'on pouvait encore communiquer sans médiations technologiques (donc sans surveillance) et monétaires. Demain, chaque coït, chaque caresse sur l'épaule sera monnayée.
Dans ses essais, Orwell prévoit également la mort de la littérature pour cause de terreur idéologique. D'après Orwell, la littérature ne peut supporter la censure sur un trop grand nombre de sujets, sans couper tout début d'inspiration. Il prévoit donc que la littérature sera remplacée par le cinéma et la radio, et que subsistera à la marge une littérature synthétique et stupide de masse (Marc Lévy, Guillaume Russo), qui à la limite pourrait être générée par des machines. A mon niveau de blogueur, j'ai moi même remarqué mon incapacité à bloguer ces derniers mois, car un trop grand nombres de sujets me sont formellement interdits.
Tout ceci explique probablement la vitalité de certains forums de la réacosphère : ces forums pourront être considérés au regard de la loi comme exceptionnellement fascistes et racistes. Cependant, dès le périphérique parisien dépassé, on entend plus souvent dans la bouche des français ce genre de discours que le langage policé des animateurs de canal +. Sous pseudo, des français représentatifs expriment collectivement leurs réelles pensées : une forme de retour à l'écrit collectif doté d'une certaine qualité littéraire.
Je poursuis ma lecture des essais et lettres de George Orwell, qui achève de me persuader qu'il était le plus excellent des hommes du 20e siècle, ayant perçu dans toutes ses subtilités les conséquences potentielles et raffinements du système capitaliste-technologique actuel.
George rechaussant son fils adoptif, cigarette à la bouche
En effet, Orwell me semblait avoir tout perçu dans 1984 : la baisse terrible du niveau de vie, l'alcool frelaté et les produits alimentaires trafiqués, le cinéma de masse débilitant sans saveur et en 3D, les télécrans; et surtout police terrible de la pensée qui réprime violemment toute pensée "hétérodoxe". Mais l'approche hédoniste d'Huxley me paraissait plus pertinente pour décrire la société actuelle, notamment sur l'usage des drogues et la surabondance de l'offre sexuelle dans la vie d'un individu.
La description austère des rapports hommes femmes, devenus dans 1984 simples cohabitation à but économique sans sexe ni affection, colocation dont le seul objectif est l'entretien d'enfants qui ne leur appartient plus; me semblait peu fidèle jusqu'à ce que je vis cet excellent documentaire sur la "misère affective et sexuelle des japonais".
Il semble que la fréquentation d'autrui devienne si problématique pour la génération de sociopathes individualistes qu'engendre le libéral-capitalisme, que le modèle de l'individu de demain est un homme seul, dont la vie sociale se résume à la fréquentations de divers écrans (du smartphone à l'ordinateur à la tablette tactile). Sa sociabilité se résume à l'accumulation d'objets informatiques. Nous geeks, on avait vu avec l'avènement de Facebook et Twitter, des gens tout à fait normaux se geekiser et rallonger leur temps de veille sur écran. Encore une fois les geeks sont précurseurs dans leur vie sexuelle et affective : porno à outrance, masturbateurs, fantasmes pervers irréalisés, prostituées, et divers supports informatiques, voilà la vie affective de l'homme de demain. Le capitalisme est fatigué de la famille, lieu où l'on pouvait encore communiquer sans médiations technologiques (donc sans surveillance) et monétaires. Demain, chaque coït, chaque caresse sur l'épaule sera monnayée.
Dans ses essais, Orwell prévoit également la mort de la littérature pour cause de terreur idéologique. D'après Orwell, la littérature ne peut supporter la censure sur un trop grand nombre de sujets, sans couper tout début d'inspiration. Il prévoit donc que la littérature sera remplacée par le cinéma et la radio, et que subsistera à la marge une littérature synthétique et stupide de masse (Marc Lévy, Guillaume Russo), qui à la limite pourrait être générée par des machines. A mon niveau de blogueur, j'ai moi même remarqué mon incapacité à bloguer ces derniers mois, car un trop grand nombres de sujets me sont formellement interdits.
Tout ceci explique probablement la vitalité de certains forums de la réacosphère : ces forums pourront être considérés au regard de la loi comme exceptionnellement fascistes et racistes. Cependant, dès le périphérique parisien dépassé, on entend plus souvent dans la bouche des français ce genre de discours que le langage policé des animateurs de canal +. Sous pseudo, des français représentatifs expriment collectivement leurs réelles pensées : une forme de retour à l'écrit collectif doté d'une certaine qualité littéraire.


2 Comments:
Merci.
À propos de l'abrutissement généralisé, vous avez oublié de mentionner tous ceux qui sont convaincus de vivre dans un régime libéral.
Généralement ils sont diplômés, citadins, de gauche et aiment bien tordre le sens des mots.
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